Tables rondes : le Cycle Faire de la bande dessinée

Expérimentation, abstractions : les nouvelles approches de la bande dessinée

Comment fait-on de la bande dessinée en 2021 ? Si les pratiques traditionnelles persistent (la série, le récit d’aventure ou intime, etc), de nouvelles manières se développent. Expérimentation, abstraction, transdisciplinarité sont quelques-unes des approches d’artistes pour qui la bande dessinée est une forme parmi d’autres.

Webtoon, webcomics et nouvelles bd numériques

[Salle 2] Samedi 3 décembre 2021 – 17h00 à 18h00

Le Webtoon est l’une des formes actuellement les plus commentées de la bd numérique populaire. Plus précisément originaire de Corée, il serait la forme numérique du manwha et doit son nom à la maison d’édition Naver, pionnière en la matière. Né en Corée au tournant des années 2000. Il jouit d’un grand succès auprès du lectorat, comparable à celui du blog dans nos espaces européens au même moment. Contraction de web et de cartoon, il s’agit essentiellement d’un nom qui renvoie à un format et un média de lecture particulier de bandes dessinées populaires aux sujets variés : romance (ou « drama »), fantastique (notamment le genre Isekai), le récit du quotidien (« tranches de vie ») et même érotique (appelé « NSFW » pour Not Safe For Work), pour une grande part créés en Corée et traduits à travers le monde. Ce format si particulier consiste à « scroller », faire défiler sur l’écran les images pour lire l’histoire. Trouvant son support de diffusion idéal dans le téléphone ou la tablette, sa popularité n’a fait que croître à l’aune de la démocratisation de ces technologies de poche. Le phénomène éditorial du webtoon a été remarqué depuis.

Gaëlle Kovaliv Spécialiste en bande dessinée numérique. Intervenante
Irène Le Roy LadurieRédactrice en chef adjointe de Neuvième Art, sa thèse de doctorat porte sur thèse sur le motif de la caresse dans l‘écriture de l’érotisme en littérature et bande dessinée. Animatrice de la table ronde.
Wandrille LeroyAuteur de BD et formateur en Dessin d’expression et Création opérationnelle. Fondateur du festival berlinois Comics über Berlin. Intervenant

Le roman-photo, une des formes de la BD

[Salle 2] Samedi 3 décembre 2022 – 14h00 à 15h00

Né dans l’après-guerre, longtemps cantonné aux productions romantiques et dénué de considération, le roman-photo est, comme la bande dessinée, un art de raconter un récit à l’aide d’images. Les deux moyens d’expression possèdent chacun leurs propres caractéristiques et se se sont cotoyés dans la revue Hara-Kiri puis dans Fluide Glacial. Depuis peu, le photo-roman connait un regain d’intérêt, à l’exemple des récentes productions de Clémentine Mélois ou de Fab Caro. Les éditions Flblb, ont, quant à elle, déclaré « 2022, année roman-photo ! » pour fêter leurs vingt ans de travail éditorial en la matière. Leur catalogue propose aussi bien des œuvres originales (Grégory Jarry, Benoit Vidal, Julie Chapallaz, etc.) que des rééditions de Gébé ou de Jean Teulé. Comment les auteurs contemporains abordent le roman-photo comme un champ possible de la création ? Quelles sont les passerelles avec la bande dessinée ? Quel avenir pour le roman-photo ? Cette table ronde trouvera un écho le dimanche 4 décembre, dans une rencontre du SoBD consacrée à la BD dans la presse féminine.

Avec :

Antoine SausverdSpécialiste de la bande dessinée du XIXe et du début du XXe siècle, connu pour son blog Töpfferiana. Animateur de la table ronde.
Bruno LéandriÉcrivain et humoriste. Il est l’auteur de chroniques, nouvelles et photos-bande dessinée, notamment pour le magazine Fluide glacial depuis le numéro 5 en 1976.

Manfra et global manga : le manga fait des émules partout

[Salle 2] Samedi 3 décembre 2021 – 15h00 à 16h00

Depuis plusieurs décennies le “style manga” s’étend hors du Japon, en Asie et dans le monde. Au sein des deux autres courants majeurs de la bande dessinée, le comics américain et la BD franco-belge, de nombreux dessinateurs ont adopté un ou plusieurs des caractères formels dont on crédite généralement le manga. On parle ainsi, à l’échelle planétaire, de global manga, tandis que des néologismes ont été inventés pour désigner des formes locales : manfra, voire franga, pour les « mangas en français ; OEL manga (original english-language manga) ou amerimanga. À partir de 1994, en deux phases, des titres divers ont trouvé leur public (Nomad, HK, Dofus, Maliki, Pink Diary, Dreamland, Radiant, etc.). Le manga et ses formes locales ont assurément pris la place de la littérature dessinée dominante pour les jeunes lecteurs. Qu’est-ce que ce “style manga“ ? à quoi doit-il son succès mondial ? Le global manga est-il l’avenir de la BD ?

Avec :

Florian RubisCommissaire d‘exposition, journaliste, chercheur et auteur d’une biographie d’Hugo Pratt. Animateur de la table ronde.