La Trans Galerie 2021 : So Fiesta !

Cinq années pour la Trans Galerie du SoBD, mais onze éditions puisque ce lieu de rencontre entre les arts plastiques et la bande dessinée s’installe à raison de deux, voire trois éditions annuelles.

Sous la direction artistique de Corine Borgnet, la Trans Galerie, heureuse de rouvrir ses portes sur le salon de la bande dessinée au cour de paris, présente cette année une sélection de travaux d’artistes y ayant déjà exposé, avec pour thème le plaisir des retrouvailles : So Fiesta ! Comme d’habitude, la transdisciplinarité est l’axe principal du propos curatorial, avec des artistes dont les œuvres comme les parcours sont très variés.

Cette année la Trans Galerie accueillera ainsi sept : François Andes, Alain Biet, Rodolphe Baudouin, Tamina Beausoleil, Corine Borgnet, Gaël Depauw, Jessy Deshais, Chloé Julien et Philippe Puiseux.

« So Fiesta ! » sera visible dans l’espace principal du SoBD, Halle des Blancs Manteaux, les 3, 4 et 5 décembre 2021.

  • Alain Biet
  • Rodolphe Baudouin
  • Jessy Deshais
  • Chloe Julien
  • Tamina Beausoleil
  • François Andes
  • Philippe Puiseux

« So Fiesta ! » vous propose cette année une nouvelle sélection d’œuvres de plasticiens contemporains abordant la fête et l’humour.

Les artistes invités

François Andes vit travaille dans le nord de la France, où il est artiste associé du Groupe A, coopérative culturelle. Il a présenté  plusieurs performances, a participé à de nombreuses expositions et à plusieurs résidences, notamment en Corée. Une sélection de ses pièces sera présentée sur le SoBD, dans l’exposition So Fiesta ! de la Trans Galerie.

Distant du branché à tout prix, Rodolphe Baudouin définit volontiers son travail comme celui d’un artisan hors des modes et des circuits. Son geste créatif, toujours fondé sur le sincère, met en lumière la vérité de son humanisme. C’est en ce sens, qu’il est au-devant des questionnements d’une modernité revenue des spéculations froides assistées par ordinateur. Il y a chez ce sculpteur, dessinateur, metteur en installation, une éducation esthétique halée à l’art ludique, ses pièces empruntant aux morphologies des toons, aux dioramas du modélisme, aux cadrages des planches de la bande dessinée.

Artiste polymorphe, Alain Biet est tour à tour sculpteur, dessinateur, photographe, musicien, réalisateur de films. À travers ses différentes séries : « Migrations », « Tripodes », « Hublots », « Sténopodes », « Charnières », « les v.i »,« réseau intérminette », « petits Canons », « Grands Canons », il s’intéresse aux notions de proliférations, de migrations, de zapping, de déplacements, de classements, etc. Sans oublier l’ héritage des dadaistes. Ces ensembles, ces mondes constitués d’une quantité importantes d’objets jusqu’à l’envahissement, impliquent  un questionnement sur les limites  du « visible » et des relations vis-à-vis du « vivant ».

« Jessy Deshais, que la pratique protéiforme mène de l’installation vidéo à la sculpture de livre, est une redoutable observatrice du monde contemporain, explorant inlassablement ses propres démons comme ceux qui agitent le monde. Des douleurs et des rêves de l’enfance, de la violence faite au corps, elle tire des œuvres d’une humanité qui n’a peur ni des mots ni des images, se joue des bienséances, des codes et des réalités, fussent-elles organiques. » Marie Deparis-Yafil.

Gaël Depauw est née en 1973 et vit à Paris. Après une licence de lettres modernes option étude théâtrale, elle devient l’interprète de Jan Fabre (L’Histoire des larmes, The crying body) puis collabore avec Olivier Dubois (Pour tout l’or du monde) tout en poursuivant ses propres recherches artistiques (Did Eve need make-up ?). Depuis quelques années, elle collabore avec Guillaume Marie et a joué dans la performance créée au Palais de Tokyo We are accidents waiting to happen (en collaboration avec Jonathan Capdevielle), dans le court-métrage Spinnen et dans AsfixiA.

Artiste contemporaine française, Chloé Julien vit et travaille à Paris et pratique le collage et la peinture. Diplômée de l’ENSBA de Paris en 2002, elle à reçu des prix de peinture et dessin (Académie des Beaux-Arts et prix Marin). Après avoir été représentée de 2006 à 2010 successivement par les galeries Plume, Sarah Guedj puis Isabelle Suret à Paris, elle expose depuis régulièrement dans des expositions collectives ou personnelles en France et à l’étranger.

Après des études aux Beaux-arts de Poitiers et des débuts en tant que sculpteur, Philippe Puiseux s’initie à l’infographie et à la retouche d’images dès 1990. Depuis il travaille régulièrement pour la presse (Géo, Capital, Sciences et vie, Le Point…) et les agences de communication. Il se consacre également à l’illustration et à la photographie. Journaliste dessinateur, il a récemment enquêté sur l’Ouest Américain dans la seconde partie du XIXe siècle. Il en a tiré une série de portraits de quelques personnages entrés dans la légende. Fines gâchettes et hors-la-loi…

Œuvres présentées (parmi d’autres)

La Trans Galerie

« Petite, je transgressais. Au kiosque de la gare, d’où partaient les transports de troufions, j’achetais les petits formats, ces BD de poche au goût sulfureux. Zembla, Pif et compagnie. Je rentrais chez moi, transie par l’appréhension, mais déjà en transe dans l’attente du plaisir de la lecture. Une lecture rapide, fébrile, transitoire. Ce désir transgressif ne m’a pas quitté, mais c’est sous d’autres formes qu’il me transfigure. Transmuons ces formes, transfusons la charge de l’une dans l’autre puisque l’une et l’autre ont fait la même vie. Puis transmettons tout ça. »

Ce témoignage d’une artiste plasticienne, dont, de prime abord, le travail n’évoque en rien la bande dessinée, nous a conduits à élaborer au sein même du SoBD, le salon de la bande dessinée au cœur de Paris, un espace transgenre. Nous y accueillerons les transfuges, ces artistes contemporains, travaillant la surface comme le volume, le fixe comme le mouvement, le temps d’une brève incursion sur un autre territoire.

Aux amoureux de la bande dessinée, nous offrirons le spectacle certainement déroutant de transmigrations évanescentes, c’est-à-dire dire d’œuvres transperçant les murs bâtis autour des disciplines.

Renaud Chavanne, fondateur du SoBD
Corine Borgnet, artiste plasticienne